Une trêve dédiée à la formation dans votre parcours... - Message ou slogan
Les domaines de formation sur lesquels nous intervenons ont pour seule et unique "matière première" l'être humain. L'organisation doit encore aujourd'hui compter avec cette "humanité" pour fonctionner. Mieux que nous, les grands penseurs universels l'explorent et en parlent... Sur cette page donc, quelques auteurs, textes et courants de pensée qui fondent, de loin ou de près, nos valeurs et nos pratiques de formation... Pour ne pas oublier que tout acte pédagogique - andragogique pour les adultes - doit être légitime et s'inscrire dans une filiation.
 
______________________________________________________________________________
Vous reconnaissez-vous dans les modèles de formation proposés ? 

"La quête éperdue de formules magiques, étayées scientifiquement (modernité oblige), montre combien hommes et femmes de l'hypermodernité sont démunis pour affronter l'existence. Ces recettes se substituent à la formation longue de l'enseignement traditionnel universitaire et aux enseignements progressifs de l'expérience qui faisaient de la connaissance une forme de sagesse. Toutes les dimensions du comportement individuel deviennent prestations, lesquelles doivent être livrées sans défaut, dans les meilleurs délais, devant un entourage de clients : le produit doit donc être parfait. Tout devient affaire de compétences. Cette recherche de perfection est l'affirmation qu'il est désormais impossible d'être soi. Impossible d'être naturel. Car ce "soi" qui s'expose doit être parfaitement calibré pour prétendre à l'efficience et satisfaire son entourage. Pourtant l'aléa n'est-il pas, aussi, partie prenante de toute personnalité ? Cette recherche d'excellence s'applique en fait à tous les domaines de la présentation de soi, la spontanéité n'est dès lors plus de mise. Au naturel préférez l'artificiel d'un sourire de convenance. Préférez toujours l'emballage, c'est lui qui fait la valeur commerciale du produit que vous êtes devenus. Tout est exercice de paraître, de communication et de représentation. Des spécialistes, conseils en communication ou en "relooking" comportemental s'occuperont, moyennant finances, de vous initier au geste lisse et sûr. Un geste de machine. Afin d'assurer votre parcours, ils peaufineront votre positionnement stratégique. L'injonction de figuration est générale, à l'image des professionnels de la politique évoluant de plus en plus dans une forme d'insincérité commerciale à finalité démagogique, qui place la spontanéité au rang de l'amateurisme. L'heure est au professionnalisme tous azimuts ; l'improvisation, la créativité, l'aventure sont des credo théoriques de l'esprit d'entreprise et des impossibilités pratiques. Le conformisme règne, seulement lui, à l'image des pommes de supermarché comme sorties d'un moule identique. Des clones comportementaux, voilà ce que nous sommes en train de devenir, au moment de l'impératif de séduction généralisée. Mais d'une séduction imposée, dans un climat mélangé de fausse douceur et de vraie rudesse, par l'ambiance sociale du moment qui impose de s'imposer, de se vendre par tous les moyens. (...).Il suffit d'ouvrir un magazine de management pour constater cette stéréo- typification généralisée qui frappe les dirigeants (ce sont des figures de la réussite que cette presse met en représentation). Sourires figés dans la cire, costumes cravates impeccables, femmes de tête vêtues de manière sobre et élégante, décontraction savamment étudiée. Toutes et tous sont parfaitement "propres sur eux" , obéissant aux standards d'apparence des "affaires". Ils prennent la pause devant le photographe comme s'ils s'étaient donné le mot. Sans doute ont-ils suivi des recommandations. Peut-être s'efforcent-ils de respecter la ligne de la revue? Normal, me diriez-vous, ils sont là pour ça : faire bonne figure. Oui mais là, la photo ne reconduit plus à son sujet, elle ne trompe plus son monde : on voit des images de personnes plutôt que les personnes elles-mêmes. Le terme qui vient à l'esprit est bel et bien celui d'acteur, ce terme par ailleurs si apprécié de la sociologie des organisations et de l'écriture grise des rapports de cabinets-conseil."
 
Etienne Rodin, L'horreur managériale, gérer, instrumentaliser, détruire, Editions L'Echappée, 2011
 
 
L'homme nouveau
 
"Nous sommes en train d'assister à l'émergence d'un nouveau type d'êtres humains. Complètement à l'aise dans le cyberespace, où ils passent une partie de leur vie, connaissant parfaitement le fonctionnement de l'économie en réseau, plus intéressés par l'accumulation d'expériences excitantes et distrayantes que par l'accumulation d'objets, capables d'interagir simultanément dans des univers parallèles, prêts à changer de personnalité pour s'adapter à de nouvelles réalités - authentiques ou simulées - ces hommes et ces femmes de type nouveau ne ressemblent guère à leurs parents et leurs ancêtres bourgeois de l'ère industrielle.Le psychologue Robert J. Lifton y voit une nouvelles génération d'individus "protéiformes". Ils ont grandi dans des espaces résidentiels fermés ; leur santé dépend d'organismes prestataires de soins privés de type HMO ; ils louent leur automobile ; ils font leurs achats sur Internet ; ils sont habitués à la gratuité des software qu'ils utilisent mais ne rechignent pas à payer les services et les extensions qui les accompagnent. Ils vivent dans un monde de spots de 7 secondes, sont accoutumés à avoir accès quasi instantanément à toutes sortes d'informations, n'ont pas une très grande capacité de concentration et se montrent plus spontanés et moins réfléchis que les générations précédentes. Ils conçoivent leur activité professionnelle comme un jeu et préfèrent être perçus comme des créateurs plutôt que comme de bons travailleurs. Ils ont grandi dans un monde de travail "juste à temps" et sont habitués aux emplois temporaires. De fait, leur vie est beaucoup plus marquée par le provisoire et la mobilité que celle de leurs parents. Leur vision du monde est plus thérapeutique qu'idéologique et leur langage est fait l'images plus que de mots. S'ils sont moins doués pour composer par écrit une phrase grammaticalement correcte, ils n'ont pas leur pareil en matière de traitement des données informatiques. Ils se fient plus à l'émotion qu'à l'analyse. La réalité pour eux, c'est Disney World et le Club Med ; ils considèrent les centres commerciaux comme un espace public privilégié et tendent à identifier la démocratie à la souveraineté du consommateur. Ils passent autant de temps en compagnie de personnages de fiction, qu'ils s''agisse de héros de télévision, de cinéma ou de créatures virtuelles du cyberespace, qu'avec leurs semblables, et ils en viennent même à intégrer ces créatures fictives à leurs conversations avec leurs amis, les transformant ainsi en éléments de leur biographie. Les frontières de leur univers sont fluides et imprécises. Ils sont grandi dans un monde d'hypertextes, de liens entre sites web et de boucles de rétroaction, et leur perception de la réalité est plus systémique et participative que linéaire et objective. Ils peuvent envoyer un courrier à une adresse électronique sans se soucier un seul instant de connaître l'adresse géographique de leur correspondant. Pour eux, le monde est une scène et leur existence une série de représentations. Ils sont constamment en train de recréer leur propre identité et d'expérimenter de nouveaux styles de vie à chaque étape de leur existence. Ces hommes et ces femmes protéiformes n'éprouvent guère d'intérêt pour l'histoire mais connaissent une véritable passion pour la mode et tout ce qui touche au style. Ils ont une mentalité expérimentale et courent après l'innovation. Dans leur univers marqué par le rythme effréné du changement, coutumes, conventions et traditions n'ont pratiquement pas leur place. Ces hommes et ces femmes de type nouveau commencent tout juste à laisser derrière eux l'univers de la propriété. Leur monde est de plus en plus celui de l'hyperréalité et de l'expérience éphémère - un monde de réseaux, de passeurs et d'interconnexion généralisée. Pour eux, c'est la logique de l'accès qui compte avant tout. Etre déconnecté, c'est la mort. Ils sont les premiers à vivre dans "l'âge postmoderne", pour reprendre l'expression introduite par l'historien britannique Arnold Toynbee." 
 
  Jeremy Rifkin, L'âge de l'accès, La nouvelle culture du capitalisme, La Découverte / Poche, 2000.
 
L'organisation

"Notre monde est devenu, pour le meilleur et pour le pire, une société faite d'organisation. Nous sommes nés dans le cadre d'organisations et ce sont encore des organisations qui ont veillé à notre éducation de façon à ce que, plus tard, nous puissions travailler dans des organisations. Dans le même temps, les organisations ont pris en charge nos besoins et nos loisirs. Elles nous gouvernent et nous tourmentent (et par moment les deux à la fois). Et, notre dernière heure venue, ce sont encore des organisations qui s'occuperont de nos funérailles. Et pourtant, à l'exception d'un petit groupe de chercheurs (auxquels on donne le nom de "théoriciens des organisations"), qui les étudient, et de quelques rares managers qui sentent le besoin de saisir plus profondément l'objet même de leur management, bien peu comprennent réellement ces "animaux étranges" de nature collective, qui exercent une si grande influence sur nos vies de tous les jours."
 
Henry Mintzberg, Le management : voyage au centre des organisations, Editions d'Organisation, 1990.
 
 
L'isolement contemporain 

"La société moderne, sous l'impulsion de la technocratie fanatique, entreprend l'isolement de chacun, claustré dans son appartement, dans son automobile ou son bureau, à l'image du cosmonaute dans sa cabine spatiale ou du prisonnier dans sa cellule ultra-moderne, surveillé comme eux par une police préventive. Isolement qui exclut la solitude : dans le "sable humain" de la modernité, chaque grain se sent seul, mais sent aussi l'accablante multitude des autres. Des autres isolés, des autres isolements en somme, agglutinés pas l'architecture, par la circulation, par le travail. Plus de communauté ni de solitude véritable, on a perdu beaucoup à la fois. Les rapports humains se réduisent à de pénibles promiscuités, à de petits drames avortés faits d'indifférence, d'incompréhension, voire d'agressivité : l'homme moderne ne reconnaît plus que sa solitude. Il se réfugie à la hâte dans sa niche ouatée où sa mauvaise conscience, le sentiment trouble du vide de son existence, le remords du temps gâché, la crainte d'un avenir ressemblant, le besoin d'oubli, la lassitude, l'ennui enfin le soumettent à l'invincible chantage de la consommation. " 
François George, Autopsie de Dieu, Julliard, 1965.
 
Assistant de création de site fourni par  Vistaprint